Le point sur l’Aménagement du Territoire à Verviers

Qu’est-ce que la politique d’aménagement du territoire ?

L’aménagement du territoire est la politique à la base de tout développement, la politique qui sous-tend tout projet d’une ville.

C’est l’art d’organiser l’implantation et le développement des différentes fonctions d’une ville, de ses différents rôles : les commerces, les entreprises et industries, les services à la population, les différents types de logement, les espaces verts et espaces de convivialité, les loisirs, les bureaux, l’agriculture, la mobilité,…

C’est une des matières qui permet de répondre aux préoccupations du citoyen par rapport à son cadre de vie.

L’outil d’un bon aménagement du territoire verviétois ?

Il est important d’avoir une vision globale du développement des fonctions d’une ville, centre-ville et périphérie. L’outil utilisé est le Schéma de Structure Communal (SSC). Cet outil est un document d’orientation, qui permet une maîtrise de l’urbanisation en fonction d’objectifs de développement à atteindre.

Il faut savoir que les Services de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme de la Ville de Verviers ont lancé l’élaboration de ce document d’orientation en 2005, avec un bureau d’étude agréé.

L’étude a tout d’abord débuté par un état des lieux de la commune, un diagnostic de la situation de fait et de droit. Sur cette base, on établit d’abord des objectifs généraux, qui sont ensuite détaillés par thèmes : le développement économique, le logement, le cadre de vie, la mobilité, la structuration du territoire. Et le tout fait l’objet d’une évaluation des incidences sur l’environnement.

5 questions primordiales :

  • Que souhaite la commune en matière de maîtrise de l’urbanisation, gestion de la densité ?
  • Comment assurer les besoins de déplacements de la population ?
  • Que souhaite la commune en matière d’accueil de nouveaux résidants ?
  • Comment favoriser le développement économique de la Ville ?
  • Quels objectifs poursuivre pour protéger l’environnement et le patrimoine ?

Des constats, et notamment : que Verviers ne trouve pas sa place de pôle régional et chef-lieu de l’arrondissement, notamment en termes de développement économique et commercial ; que le nombre de logements est insuffisant pour permettre son développement ; que c’est une ville qui se paupérise de plus en plus et son centre-ville ne se redresse pas du déclin industriel ; qu’elle est victime de périurbanisation, son centre-ville se vidant d’une population de type plus classe moyenne au profit de la périphérie et des communes voisines ; que son centre-ville n’est pas assez convivial et agréable ; que Verviers développe un potentiel historique et patrimonial qu’elle devrait mettre en évidence,…

Alors plus concrètement, quid de la redynamisation du centre-ville ?

Verviers doit retrouver son « rayonnement » d’antan, ce qui implique une redynamisation de l’ensemble de son centre-ville :

d’un point de vue commercial : Verviers doit retrouver sa place de pôle à vocation régionale, par une relance de son activité commerciale, en complétant l’offre existante et en luttant par ce biais contre l’évasion commerciale (beaucoup de Verviétois ne font plus leurs courses à Verviers !) ;

d’un point de vue urbanistique : trop de quartiers et de maisons sont dégradés, trop de logements inoccupés ; il faut mener des opérations de rénovation et de revitalisation urbaine, en partenariat avec le secteur privé ;

d’un point de vue logement : le centre-ville est déserté par ses habitants ; il faut recréer des logements de qualité, par la rénovation de logements et la création de nouveaux concepts de logements qui pourront marquer le retour en ville d’une population à moyens revenus ;

d’un point de vue cadre de vie : il faut retrouver une ambiance agréable en centre-ville, une ambiance de vie, de promenades, de shopping, de sortie,… la création d’espaces verts et d’espaces publics, la piétonisation de certaines rues du centre, la création de promenades le long de la rivière, l’organisation d’activités touristiques, la mise en avant du patrimoine,… sont tant de projets qui amèneront plus de convivialité et de sécurité en centre-ville.

Dans ce cadre global, beaucoup de projets sont lancés ou à l’étude :

la revitalisation de Spintay (logements et commerces) et l’implantation d’un centre commercial en lien avec cette revitalisation,

la revitalisation de la rue de Heusy (logements, commerces de proximité, place publique, parkings),

la rénovation de la place de l’Hôtel de Ville,

la restructuration de l’îlot Maréchal sis entre Crapaurue et Coronmeuse, (logements, espaces verts et espaces de convivialité en intérieur d’îlot + un pôle commercial au niveau du Grand Bazar),

la piétonisation de certaines rues,

la création de parcs et espaces verts (place du Martyr, parking des Récollets, Coronmeuse,…), ainsi que la création de cheminements piétons le long de la Vesdre par un projet de Schéma-directeur de la Vesdre,

le projet de Campus provincial,

la rénovation du patrimoine,

Le citoyen doit pouvoir prendre part à toutes ces réflexions, de manière à visualiser et comprendre les pistes de redynamisation et de redéveloppement de son centre-ville.

Le projet de SSC fera l’objet d’une enquête publique, mais le SSC porte sur l’ensemble de la commune et son analyse est conséquente et complexe.

C’est pourquoi, nous voulons soumettre à la population les objectifs stratégiques de la redynamisation du centre-ville, sous forme d’un Master Plan : une mise en situation plus concrète des citoyens ! Où situer le quartier commercial, le quartier historique, le quartier administratif ? Quels sont les quartiers à rénover à revitaliser ? Y a-t-il un quartier étudiant ? Quelle place pour les lieux de détente ? Quelle ambiance de centre-ville ?

Quid pour la Vesdre et le fond de Vallée ?

Dans le cadre des fonds INTERREG, nous participons avec l’Université de Liège et la SPI+ au Projet VALUE, qui vise à réaliser et évaluer une infrastructure verte reliant le centre de la Ville à sa périphérie le long de la vallée de la Vesdre. A plus long terme, il s’agit de valoriser l’ensemble de la vallée afin de stimuler le redéveloppement économique de toute la zone.

Le projet consiste en un aménagement d’un parcours cyclo-pédestre sur le tronçon de Pré-Javais, qui va du Pont de la Dardanelle (fin de la promenade des Récollets), jusqu’au Pont de l’Epargne.

Dans ce cadre, nous avons souhaité développer cette réflexion d’aménagement sur l’ensemble de la Vesdre.

En effet, historiquement, la Vesdre n’a jamais été un facteur d’aménagement de la Ville mais un vecteur économique attirant autour d’elle usines et ateliers hors de toute préoccupation environnementale, et tournant souvent le dos à la rivière.

L’objectif est maintenant de replacer la Vesdre et ses berges au centre d’un projet global d’aménagement, qui tienne compte du fait que la rivière reste à Verviers un axe autour duquel s’opère le redéploiement économique. Cet aménagement doit permettre à la rivière de retrouver son rôle attractif dans notre cadre de vie, et la place qu’elle occupe dans le maillage écologique doit être mise en avant. Différentes thématiques sont prises en compte : le paysage, l’environnement, le logement, l’économie, le tourisme et la mobilité douce.

Les grands principes :

création d’un grand réseau doux structurant en bord de Vesdre par un cheminement continu inondable sur base du collecteur d’égouts,

deux types de tronçons :

les tronçons urbains situés en centre-ville (profil anthropiques, murs de quai) qui doivent être aménagés et affirmés comme tel avec aménagement des deux côtés de la rivière ;

les tronçons situés en amont et en aval du centre-ville (profil naturel, berges) pour lesquels une seule rive sera aménagée, l’autre rive étant laissée inaccessible afin de préserver la faune et la flore de la rivière.

identification le long de la Vesdre des sites et îlots urbains à restructurer,

création de parcs de contact avec la rivière : réaménager le parc Marie-Henriette, création de parcs (au parking des Récollets, centre d’Ensival,…).

Point presse du 16 octobre 2008,

Catherine Lejeune

Echevine de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et de l’Environnement