Conférence de presse des 3 Echevins MR : 10 mois en majorité.
Par Catherine Lejeune, Chef de file du MR Verviétois
1. Bilan : 10 mois en majorité !
Ces 10 mois peuvent se décliner selon plusieurs aspects.
Tout d’abord, comme une phase de « découverte » : le passage de l’opposition à la majorité, la découverte du travail en collège (deux des trois échevins n’ont jamais siégé en majorité), une nouvelle fonction qui comme tout changement professionnel demande un temps d’adaptation (nouvelles taches, nouvelle équipe, nouvelle organisation de travail,…).
Ensuite, une organisation d’un travail de majorité : il règne une bonne ambiance au sein du collège, de bonnes relations entre les personnes, le dialogue existe, et nous sommes rarement confrontés à des oppositions insurmontables. Nous travaillons vers plus de transversalité, et l’on peut dire que le rapport de force ne se fait pas trop sentir.
Evidemment, on ne peut pas négliger l’impact électoral des dernières législatives. En effet, ce scrutin, nous a montré qu’il y avait un électorat libéral important à Verviers ! Le rapport de force, par rapport à l’impact de nos décisions sur la population, n’est plus le même qu’au lendemain des élections communales, et cela a son importance.
Un point important pour une équipe est de travailler en toute collégialité. Cela veut dire qu’il faut saisir l’opportunité du débat sur les dossiers qui nous sont soumis, ce qui implique également la possibilité du désaccord. Le cdH nous qualifie d’ « inexistants », mais nous préférons une méthode de travail collégiale, permettant le débat, la négociation, la recherche du compromis, afin d’aboutir à la meilleure décision pour le citoyen, plutôt que de passer par voie de presse dès qu’il y a un problème !
Enfin, 10 mois, c’est aussi 10 mois de travail, dont nous allons faire maintenant le développement.
2. Actualité
Projet Spintay
Il est toujours utile de rappeler notre soutien au projet Spintay et expliquer les démarches entreprises ou à entreprendre pour mener à bien la redynamisation de l’hyper-centre basée sur le développement du projet Spintay.
Le dossier est toujours à l’étude d’un point de vue technique, l’objectif étant clairement d’atteindre un projet « presque parfait » sur le plan urbanistique (hauteur, intégration dans le bâti existant, ouverture du centre vers le centre-ville,…), architectural (traitement des façades, choix matériaux,…), de l’aménagement des espaces publics (conviviaux, verts, accessibles, en nombre,…), des infrastructures (travaux, voiries,…) et de la mobilité (accessibilité voiture, camion, circulation piétonne, promenades, personnes à mobilité réduite,…).
Il est navrant de constater que l’ancienne majorité a perdu beaucoup de temps sur ce dossier. Au lieu d’utiliser ce dossier comme outil électoraliste (le cdH s’opposant à Claude Desama à travers ce dossier, ce qui ne nous semble pas être une attitude visant « l’intérêt du citoyen »), il aurait été plus judicieux de se mettre au travail avec les services de la ville, pour faire progresser le projet.
Outre les aspects techniques, inhérents à tout dossier soumis à permis d’urbanisme, nous avons deux priorités par rapport au dossier Spintay : la mobilité et le mixte commercial.
- Mixte commercial : Quelle est la surface commerciale justifiée pour Verviers sur l’ensemble de l’hyper-centre ? Quel mixte commercial faut-il in fine pour assurer une complémentarité avec les commerces existants et un développement de nouveaux commerces en centre-ville ? Foruminvest a lancé une étude sur l’état, l’évolution et l’avenir du commerce verviétois, dans la perspective de la création du centre commercial. Cette étude est toujours en cours, et même si celle-ci n’est pas directement commanditée par la ville, il serait utile d’en suivre les analyses afin d’accompagner le projet Spintay d’actions de redynamisation de l’hyper-centre verviétois, et de veiller au meilleur mixte commercial dans et en-dehors du centre commercial.
- Mobilité : le plan communal de mobilité se concrétise et il faudra au plus vite mettre la priorité sur les investissements qui permettront l’accès au centre commercial et au centre-ville. De même, les solutions d’itinéraires pendant les travaux devront être au point en temps utile.
Ces deux priorités nous amènent également à l’attention qu’il faut porter aux commerçants : nous avions déjà mis sur la table dans l’opposition le fait qu’il fallait prévoir un véritable soutien financier aux commerçants pendant l’exécution des travaux (on pourrait aller plus loin que la loi Laruelle). Il faudra également limiter le plus possible les dommages pendant les travaux (organisation structurée des travaux), organiser au plus tôt les alternatives de parkings et mettre sur pied une signalisation adéquate de ces parkings et de l’ouverture des commerces.
La situation financière, par Freddy Breuwer
Constat :
Le MR a formulé au cours de la précédente législature, en tant que principale force d’opposition, plusieurs mises en garde successives quant à la surestimation des recettes escomptées et à l’inadéquation des dépenses.
La précédente majorité a fait la sourde oreille et pour cause : cdh et PS étaient incapables de s’accorder sur les réformes structurelles à appliquer, particulièrement en matière de personnel et de politique sociale dans le chef du cdh.
Le MR, maintenant au pouvoir, doit bien observer que les faits et les chiffres lui donnent entièrement raison. Qu’il nous soit permis d’insister sur la totale responsabilité des anciens partenaires.
L’ampleur des déficits et la dégradation des finances ont même de quoi surprendre :
Point de vue budgétaire : d’un boni de 7,5 millions € en 2000 à un mali de 2 millions €, 6 ans plus tard ;
Point de vue comptable : un déficit de 2,5 millions € au 31/12/2006 ;
Point de vue trésorerie : une dégradation vertigineuse en 6 ans : de plus 2 millions en 2000 à MOINS 14 millions au jour d’aujourd’hui, sous l’effet d’une forte accentuation au cours des 6 derniers mois des non valeurs constatées.
Pourquoi et comment en arriver là ?
Quelles en sont les raisons objectives et subjectives, exogènes et endogènes, conjoncturelles et structurelles, générales et spécifiques :
Les premières :
La réforme fiscale.
La libéralisation du marché de l’énergie
Les secondes :
La détérioration de l’assiette fiscale, étant le corollaire d’une paupérisation et d’une dualisation croissante, accentuée par une politique sociale et d’accueil trop généreuse et inefficiente et par une politique du logement laxiste et réactive.
La surestimation des recettes et le niveau anormalement élevé de non-valeurs.
L’absence de proactivité dans la perception de certains subsides.
Quelles solutions envisager ?
La situation est grave, préoccupante mais pas désespérée !
La sortie de tous les cadavres hors du placard, en d’autres termes la mise à jour des compteurs et la reconnaissance d’un déficit structurel sont des préalables. Ils permettront de solliciter une aide extraordinaire de la RW. Mais cela n’a de sens que si l’élaboration et la maîtrise du budget et des finances changent radicalement.
Le MR se veut et se doit d’être l’aiguillon du redressement financier. C’est aussi sa vocation.
« Nous ne pouvons pas régler un problème en continuant à raisonner de la même façon que lorsqu’il a été créé » pour reprendre la pensée d’Einstein.
Pour commencer il faut cesser de penser à augmenter les recettes. Il n’y a aucun salut dans la moindre augmentation de la pression fiscale et parafiscale. Cela serait improductif et même contre-productif. L’exemple le plus récent est la taxe sur les immondices. Le rendement escompté ne sera pas au rendez-vous. Avant cela il y a eu en début de législature précédente la majoration du taux des additionnels à l’IPP.
Il faut donc agir du côté des dépenses.
Tant sur le niveau global, que sur la manière de dépenser. Tant sur le plan du personnel, sans pour autant envisager de licenciements secs, que sur le plan du fonctionnement et des transferts.
Même le CPAS, voire a fortiori, devra contribuer à l’effort. Il faut rapidement corriger la dérive distributive et redistributive à laquelle la politique menée depuis 20 ans a conduit.
La technique du « zéro base budgetting » recueille les faveurs du MR. Elle devrait permettre de gérer des projets, qui plus est, transversaux, plutôt que des allocations scabinales et d’allouer des moyens suffisants aux priorités.
L’exercice devra également intégrer les évolutions futures et l’accentuation des tendances baissières avant que la mise en œuvre d’une politique nouvelle ne porte ses effets sur le plan de l’assiette fiscale et du niveau socio-économique de la Ville.
Dans cette optique il est évident que le succès des projets tel la revitalisation de Spintay ont une importance primordiale.
L’exercice devra aussi conjuguer le réalisme et «l’ambition retrouvée». Il imposera des choix sur le plan des dépenses d’animation et festives. Il devra aussi tenir compte des risques latents et inhérents à des engagements antérieurs.
L’exercice devra surtout éviter de galvauder anticipativement des marges futures et permettre prioritairement que, dès 2010, une réforme fiscale locale puisse être initiée. Et que le taux des additionnels à l’IPP soit progressivement ramené au niveau du benchmark en RW, soit 7,3 %.
Le MR est prêt à prendre ses responsabilités, dans le sens du partage des droits et des devoirs et d’opérer les réformes indispensables.
D’autant plus que le MR est confiant dans la capacité du partenaire PS de joindre le geste à la parole.
Chacun semble, en effet, bien conscient de la situation mais aussi des mesures à prendre et de la politique à mener pour s’en sortir à court terme et se relever durablement à moyen et long terme.
3. Nos priorités
Quelques priorités du MR, liées à la situation financière et aux futures modifications de compétences (centralisation de toute la politique de propreté publique et de l’énergie à l’Echevinat de l’environnement, transfert possible de la politique du logement au MR en échange de la politique des fêtes):
- Une politique active en matière de propreté publique, via des relais sur le terrain (APS) et une organisation par quartier : réaction rapide à la saleté publique, lutte contre les dépôts sauvages, répression, actions de sensibilisation,… Le service ne correspond pas aux attentes et au prix payé par la population ? il faut veiller au principe du coût-vérité et optimalisation du service en matière de propreté publique.
- Une politique du logement, à travers l’aménagement du territoire :
* Constat : le constat principal dans le cadre de l’élaboration du schéma de structure communal est le manque de logements sur le territoire verviétois ;
* Objectif : mener une politique de développement et de réhabilitation de logements en vue d’attirer sur Verviers des ménages qui feront vivre la ville ;
* Moyens : le schéma de structure communal et le règlement communal d’urbanisme vont nous permettre de maîtriser l’urbanisation de notre ville, en fixant notamment les orientations de localisation, de développement et de densité en matière de logement. Il faut aussi une vraie politique de réhabilitation du logement en centre-ville, en étant strictes sur les conditions de logement et en luttant contre les marchands de sommeil.
- Monitoring budgétaire :
* Technique du budget zéro base,
* Choix des projets prioritaires, par exemple en matière de fêtes : un programme intégré et modéré d’animations de la ville (on peut envisager une déclaration de politique générale annuelle, liée au budget),
* Instauration de contrôles budgétaires,
* Equilibre des asbl para-communales et contrôle et plan de gestion,
* Cadastre des subsides aux asbl et méthode d’attribution
Une méthode de travail : transversalité, planification et rigueur.
Merci de votre attention.