La Cité Mallar, un ensemble d’importance architectural à préserver
La cité Mallar est reprise comme ensemble d’importance architectural dans le Patrimoine Monumental de Belgique. Elle s’inscrit comme témoin de « l’âge d’or » du logement social, plus particulièrement en Wallonie où les exemples de ce type sont peu nombreux.
Dans un contexte de rénovation des habitations et d’évolution des normes de confort des logements, la cité a subi de nombreuses modifications au cours des dernières décennies. Celles-ci portent essentiellement sur la mise en peinture des façades, la modification des châssis et portes d’entrées, la création de rampes et de garages à rue, la réalisation de zones de stationnement, la transformation des zones de recul, la création de volumes secondaires,…
Afin de préserver la spécificité de la Cité Mallar, le Collège communal a décidé, le 14 septembre dernier, de mettre sur pied une réglementation appropriée, permettant de préserver la valeur architecturale du quartier, tout en tenant compte de l’évolution de la société, des nouvelles techniques de construction, de la performance énergétique des bâtiments,… Un projet de prescriptions urbanistiques doit encore être finalisé et faire l’objet d’une concertation avec les habitants du quartier, en vue de constituer le futur règlement communal d’urbanisme partiel « spécial Cité Mallar ».
Un peu d’histoire…
La Cité des Hougnes a été édifiée sur des terrains que la ville mettait à la disposition des ouvriers. C’était un endroit idéal pour bâtir une cité et concrétiser les idées sociales d’après-guerre, sous-jacentes à celles des « Cités-jardins ». En 1921, la Régionale verviétoise, ancêtre de la société de logements sociaux actuelle Logivesdre, acquiert de la Ville un terrain de 1,5 hectare et projette la réalisation de 59 habitations en faisant appel à l’architecte verviétois Carlos Thirion.
La mission qui lui fut confiée était de proposer un habitat le moins coûteux possible en garantissant l’édification de maisons rationnelles, fonctionnelles et agréables, tout en présentant une suite de perspectives variées pour les passants. Le style anglais des maisons est inspiré d’une petite ville portuaire britannique : Port Sunlight.
Le succès de ces nouvelles demeures fut indéniable, si bien que les maisons ne furent pas occupées par les ouvriers pour qui elles étaient théoriquement destinées, mais plutôt par la petite bourgeoisie verviétoise.
Quel est sa spécificité architecturale ?
Le tracé de la rue Mallar est volontairement sinueux, afin d’éviter un rôle de transit pour se consacrer pleinement à l’espace public résidentiel. La création de la placette correspond à la volonté de situer l’espace vert dans l’espace public préférentiellement aux jardins particuliers.
Les habitations se composent principalement d’un rez-de-chaussée surmonté d’un étage franc et d’un deuxième étage compris dans la toiture. L’ensemble se décline à différentes échelles, par la constitution de groupes de maisons, présentant plusieurs symétries auxquelles se mêlent quelques variations au niveau de pignons en façade, auvents, lucarnes.
Les groupes de maisons sont implantés avec un recul variable, occupé par une zone de pelouse continue, parsemée de quelques plantations diverses, et créant l’unité de par l’absence de clôture ou de haie.
Les façades sont enduites avec un crépi, non lisse et gris, devenu gris anthracite au fil des ans. Dans la plupart des cas, des bandeaux de couleur blanche entourent les baies, éclaircissant la façade. Le contraste caractérise fortement la cité, contribuant à l’ambiance « jardin bois ».
« Ce quartier est clairement un petit coin de paradis, non seulement par son caractère historique qui lui donne un air de ‘décor de cinéma’, mais aussi par l’ambiance agréable qui y règne et le plaisir de retrouver un véritable esprit de quartier, de voisinage, trop souvent oublié aujourd’hui…».