Archive pour la catégorie ‘Société’
Hommage au Roi Baudouin avec le Mouvement dynastique
Dimanche 5 avril 2009
Dimanche 5 avril 2009 – Dépôt de fleurs en hommage au Roi Baudouin,
stèle Parc Fabiola – Mouvement dynastique
Je tiens tout d’abord à remercier le Mouvement dynastique qui nous permet de perpétuer cette tradition d’hommage au Roi Baudouin, et bien plus que cela, nous rappelle l’importance de l’union de notre pays, la force de la loyauté fédérale, la force et le symbole de la dynastie, et perpétue également la mémoire envers les citoyens qui se sont battus pour notre pays.
Nous rendons donc aujourd’hui hommage, par ce rassemblement et ce dépôt de fleurs, à Notre Roi Baudouin, figure emblématique de notre pays, de l’Union de notre pays, un souverain trop tôt décédé.
En effet, le 31 juillet 1993, le Roi Baudouin s’éteignait, provoquant une manifestation d’émotion populaire sans précédent en Belgique. Entre le jour du décès et celui des funérailles (le 7 août 1993), des dizaines de milliers de Belges se sont rassemblés devant le palais de Bruxelles pour témoigner leur sympathie à la famille royale et leur attachement à un souverain qui leur apparaissait comme un « symbole d’unité nationale ».
« Un symbole d’unité nationale » : l’on sait que c’est mots sont très forts dans une Belgique qui a notamment ces deux dernières années connu une crise proche de la rupture entre deux communautés.
J’ai eu l’occasion de m’exprimer à ce propose, lors de la fête du Roi en 2007, en plein crise gouvernementale, en disant que je voulais croire en l’avenir de notre pays et donc de la royauté, symbole de l’unité nationale et gardien de la loyauté fédérale ; que je voulais croire en une Belgique qui porte et préserve les droits et les libertés de ses citoyens, une Belgique fidèle à son histoire et respectueuse de ses compatriotes qui se sont battus pour elle, une Belgique garante de l’entente et de la solidarité entre ses communautés.
Pour le moment, la crise (en tous cas institutionnelle) semble mise au frigo comme on dit, et le pays donne l’impression de vouloir continuer à fonctionner…
La personnalité du Roi Baudouin était importante dans ces problématiques institutionnelles, qui font partie intégrante de l’histoire de notre pays. Au-delà de l’homme dont le caractère fut attachant et combien proche des gens, c’est véritablement à ce symbole qu’il représentait et représente toujours qu’un grand nombre de Belges se sont rattachés. Dans un monde bouleversé par les problèmes financiers, sociaux, environnementaux, une Belgique portant ses difficultés communautaires et institutionnelles, il est important de pouvoir se rattacher à l’image d’un homme fidèle à ses convictions et respectueux des autres, qui peut servir de repère et permettre d’espérer en une vie où la tolérance primera sur l’indifférence et la sérénité s’imposera sur l’agressivité.
Je tenais, par ses quelques mots, à rendre hommage à notre Roi Baudouin et à la dynastie de notre Belgique, que j’espère longtemps unie.
Catherine Lejeune
1ère Echevine
Agression homophobe intolérable à Verviers
Samedi 1 décembre 2007Dans quel monde vivons-nous?
Comment est-ce possible qu’à l’heure d’aujourd’hui, deux jeunes bien tranquilles se fassent tabasser à 4h de l’après-midi dans notre ville, sous prétexte qu’ils sont homosexuels ?!
Nous ne pouvons plus accepter l’inacceptable.
Nous vivons dans une société où les hommes et les femmes sont égaux, ou les coupes sont égaux!
Nous vivons dans une société qui est tolérante vis-à-vis des choix philosophiques, religieux, culturels, de mode de vie,… dans le respect mutuel.
Je ne peux pas accepter celui qui se met en marge de la société, qui bafoue les principes même de notre société en se permettant, sous prétexte éventuel mais honteux de culture, de religion, de porter atteinte à la liberté de l’autre, à son intégrité physique.
Je condamne cet acte doublement « criminel », l’agression gratuite et son amplification homophobe.
Et je veux par là même apporter mon soutien moral aux deux victimes et j’espère de tout coeur, au nom de notre société responsable que les auteurs de ces actes intolérables, ces voyous, seront retrouvés et punis à la hauteur de leurs actes.
Discours de la Première Echevine Catherine Lejeune Te Deum du 15 novembre 2007
Jeudi 15 novembre 2007Mesdames et Messieurs, Chers collègues,
J’ai l’honneur de vous adresser quelques mots aujourd’hui pour célébrer cette date du 15 novembre, importante pour notre pays. En effet, nous fêtons notre Roi.
Mais qui a-t-il derrière cet évènement ?
Un peu d’histoire…
On ne peut pas évoquer la fête du Roi, encore si souvent appelée à tort « fête de la Dynastie », sans revenir aux sources mêmes de la royauté et donc de notre pays
Lorsqu’en 1830, la Belgique doit décider de la manière dont elle sera gouvernée, c’est la formule de la monarchie que le jeune état va adopter, mais une forme de monarchie démocratique et moderne, à savoir la monarchie constitutionnelle et parlementaire : les pouvoirs du souverain seront limités, définis par la Constitution, et s’exerceront à travers des ministres responsables devant le Parlement.
C’est en 1866, qu’il est décidé, afin de rendre hommage au Roi, d’instaurer une « Fête du Roi » et le choix du 15 novembre, jour de la Saint-Léopold selon le calendrier liturgique, se fait spontanément. Pour la petite histoire, la date changera par la suite en fonction des nouveaux souverains. Durant la régence, elle prendra brièvement l’appellation de « Fête de la Dynastie », mais pour être définitivement fixée au 15 novembre, comme « Fête du Roi ».
Depuis sa création, la Belgique a vu six rois se succéder à sa tête, six personnalités d’envergure, souvent convaincantes, parfois controversées, toutes cependant convaincus d’œuvrer dans l’intérêt de la nation qu’elles ont incarnée.
Quel est le rôle du Roi ?
Le Roi cumule dans sa personne un ensemble de fonctions et de responsabilités. Il est en effet associé à l’exercice des principales fonctions fédérales : Chef de l’Etat, il assume notamment les tâches de représentation de l’Etat, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur ; il est titulaire du pouvoir exécutif, et également l’une des branches du pouvoir législatif ; il contribue aussi à l’exécution des décisions de justice.
En fait, le Roi règne, mais ne gouverne pas. Sa fonction est plus symbolique, mais pas moins importante : il remplit un rôle d’influence. Celui-ci s’exerce chaque jour au travers de ses rencontres, ses discours, ses messages où il s’informe, questionne, critique, convainc, rappelle, suggère ou met en garde, sans jamais pouvoir ni imposer, ni interdire (1).
Etre Roi dans un état fédéral, avec les particularités qui sont les nôtres, la différence de langues, de culture, l’existence de trois communautés, n’a jamais constitué une mission aisée.
Depuis le début de son règne, Albert II encourage l’entente entre les différents niveaux de pouvoirs et entre les communautés. Partisan d’une société multiculturelle, il dénonce le racisme, soutient les initiatives en faveur de la construction européenne, et tente de moderniser la monarchie belge. C’est un homme d’aujourd’hui, proche des gens et sensible à leurs problèmes. Il jouit d’un capital sympathie indéniable auprès de la population.
Il est difficile en cette journée de ne pas évoquer le contexte politique actuel : c’est sur fond de crise que nous fêtons notre souverain. En rupture de loyauté fédérale, de confiance, la situation de notre pays remet en question le principe même de la royauté et de la Belgique…
Mais le Roi, que cela plaise ou non, a bien sa place au sein de cette actualité. En effet, c’est bien auprès de lui que TOUTES les personnalités politiques viennent chercher un avis, une orientation dans les choix de pistes de réflexions, de solutions pour sortir de la crise, c’est chez lui que l’on vient chercher la confiance.
Lui qui, pourtant, a été à maintes reprises critiqués auparavant par rapport à ses propos rassembleurs tenus lors de différentes manifestations, jusqu’à voir son rôle parfois remis en question.
L’on ne peut en effet pas passer sous silence l’importance, même symbolique, de la fonction médiatrice du Roi depuis ces 158 jours de négociations gouvernementales, et depuis ces 8 jours de véritable crise communautaire.
Il y a 4 jours à peine, nous fêtions l’anniversaire de l’Armistice de 14-18, en mettant à l’honneur les anciens combattants, ces hommes et ces femmes qui ont couru le risque de perdre leur propre vie pour défendre l’indépendance et la liberté de leur pays. Nous ne pouvons accepter que les disputes actuelles de nos communautés discréditent leurs sacrifices.
Je me permets de vous adresser maintenant mon sentiment plus personnel…
J’ai seulement 29 ans, et pourtant j’ai beaucoup de difficulté à accepter l’effacement, voire la disparition du sentiment national chez certains hommes politiques, pourtant mes aînés souvent de seulement 10 voire 15 ans, présents, je le constate, plus particulièrement, dans une des deux grandes communautés de notre pays, ce sentiment national qu’avaient encore leurs prédécesseurs.
Et je ne comprends pas non plus la volonté de certains, vivant dans l’autre grande communauté du pays, de se rattacher à la France, certes un grand pays, mais qui n’est pas le nôtre.
J’ai seulement 29 ans, mesdames, messieurs, mais… je crois ! Je crois en l’Avenir de notre pays, même si, plus que probablement, il subira un nouveau « lifting », entendez une réforme de l’Etat : régionalisation de compétences, qui peut s’entendre avec une refédéralisation (j’ai envie d’y croire), ou quand bien même une autre forme étatique, mais pour autant que cette réforme de l’Etat préserve notre unité, notre équilibre national, notre Pacte des Belges.
Et je crois en l’Avenir de notre royauté, car le Roi, par son rôle d’influence, est et doit rester le symbole de l’unité nationale et le gardien de la loyauté fédérale, pour :
une Belgique qui porte et préserve les droits et les libertés de ses citoyens,
une Belgique fidèle à son histoire et respectueuse de ses compatriotes qui se sont battus pour elle,
une Belgique garante de l’entente et de la solidarité entre ses communautés.
Vous comprendrez, mes chers amis, pourquoi, au moment de terminer cette allocution, je me permettrais d’ajouter un « wagon » à la traditionnelle formule…
…En ce 15 novembre, je vous invite à lever votre verre en l’honneur de notre Roi, Albert II, et à travers lui, en l’honneur de la Belgique :
« Vive le Roi – Leve de Koning – Es lebe der König »
« Vive la Belgique – Leve België – Es lebe Belgien »
(1) Extrait de Pierre-Yves Monette, dans La Constitution belge – Lignes et Entrelignes, sous la direction de Marc Verdussen, éd Le Cri, 2004, p. 219.
Véritable gueule de bois ce matin pour les Francophones…
Jeudi 8 novembre 2007Et voilà, c’est arrivé, ce vote que l’on a réussi a éviter pendant 6 mois en 2005 : la majorité flamande qui décide seule de la scission de BHV, dossier symbolisant les droits de la minorité francophone.
C’est une véritable agression en effet pour les Francophones, c’est un drame pour notre pays.
C’est notre mode de fonctionnement et de décision « à la belge » qui est remis en cause : une rupture, disent unanimement les partis francophones, la rupture de l’équilibre national, la rupture de notre pacte des Belges, pour reprendre les mots de Didier Reynders.
J’ai difficile de décrire ce que je ressens aujourd’hui…
J’ai malgré tout toujours gardé l’illusion que nous pourrions garder notre pays uni, en trouvant des « aménagements institutionnels ». Alors que pourtant, sur 3 années de travail au fédéral, au sein d’un cabinet ministériel, j’en ai vu des mésententes communautaires, même dans des domaines inimaginables. Prenons la sécurité routière par exemple : si je fais le bilan des dossiers, j’ai parfois plus fait front avec mon collège socialiste francophone, qu’avec mes collègues du VLD, sur des dossiers tels que le transport de marchandises (la vitesse des camions sur autoroute), la réforme du contrôle technique, ou la répartition du fonds des amendes routières (les Flamands estimant devoir avoir plus parce qu’ils contrôlaient plus…). Je vous passe les détails…
Ce que je me dis, après un acte aussi grave, un acte déloyal vis-à-vis des Francophones, c’est comment va-t-on encore pouvoir discuter sur les autres dossiers ? Vont-ils continuer à jeter aux oubliettes notre technique même du compromis ?
Et la Belgique ? Un avenir encore ? Si les Flamands bafouent les droits des Francophones sur un dossier aussi symbolique que BHV, comment imaginer travailler sur notre système fédéral ? Je croyais en une discussion qui aurait pu revoir notre régionalisation, dans un sens comme dans un autre, pour un bon fonctionnement du pays pour tous les Belges. Mais là ?
Je voudrais encore dénoncer certaines déclarions flamandes que je trouve inacceptables : « il s’agit d’un vote de démocratie, respectant les électeurs ! » Comment peut-on affirmer que le vote électoral fédéral en Belgique, c’est la Flandre ?! « Les Francophones n’ont pas voulu discuter, ils n’ont pas proposé de solutions ! » Mais bien sûr que si, les compromis sont sur la table depuis 2005, mais les Flamands ne veulent pas en discuter, étant esclaves de leurs des composantes extrêmes de certains de leurs partis comme Spirit pour le SPa ou la NVa pour le CD&V…
Il faut se remettre dans le contexte du début des réformes institutionnelles et du mécanisme de fédéralisme. La fixation de la frontière linguistique a du tenir compte de la réalité : des parties de territoire bilingues, des Francophones vivant en territoire flamand. C’est pourquoi la solution avait été de respecter le territoire flamand, tout en respectant les droits des Francophones qui y vivaient : le mécanisme des « facilités ». C’était un bon compromis, dans le respect des deux communautés, et pourtant, quel respect a-t-il eu ? Pour arriver aujourd’hui à tout remettre en cause ? Pourquoi refuser de voir la réalité de terrain de nouveau, et donc envisager de rectifier les frontières de la Région bilingue ?
J’éprouve une certaine peur aujourd’hui, je crois, peur du devenir de mon pays, face aux politiciens flamands d’aujourd’hui qui n’ont manifestement pas le même sentiment national que certains de leurs prédécesseurs.
Il ne s’agit pas d’un problème de partis politiques, de choix de majorité, mais bien d’un conflit réel entre des deux grandes communautés. A l’heure actuelle, il est normal et important que les Francophones réagissent à cette rupture de la loyauté fédérale, par la procédure adéquate qui est la mention en conflit d’intérêt. Et demain alors, j’espère vraiment, que chaque communauté pourra se remettre en question pour assurer un avenir à une Belgique, qui se veut respectueuse des droits de ses communautés…
C’était juste quelques réflexions, comme un besoin de me confier à vous…